Le restaurant scolaire de Curienne est un édifice réalisé en bois communal ayant fait l’objet d’une démarche de sensibilisation du grand public tout au long du processus. Bioclimatique et fonctionnel, cet ouvrage inscrit en cœur de bourg joue la mutualisation avec l’auberge attenante. Son architecture soignée, aux lignes contemporaines, s’inspire de l’architecture vernaculaire et tisse des relations avec son contexte pour mieux le révéler.
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Devenue trop vétuste, l’ancienne cantine aménagée dans des préfabriqués devait être reconstruite. La commune s’est donc engagée dans la création d’un restaurant scolaire en l’inscrivant dans un projet plus global de redynamisation du centre-bourg. Ce projet revêt plusieurs enjeux dont celui de recréer une centralité en choisissant une parcelle attenante de l’auberge, seul commerce du village. En s’implantant en mitoyenneté, la mutualisation devient possible ; une connexion permet d’agrandir la salle de l’auberge les soirs et week-end, une chaudière bois alimente en chauffage et eau chaude sanitaire la cantine, l’auberge et les logements sociaux situés dans les étages.
L’ouvrage est un long édifice de plain-pied, largement vitré et à la toiture débordante, qui se glisse comme une évidence entre un mur de soutènement et l’auberge du village. On y accède en franchissant le talus par un escalier prolongeant le chemin de l’école. Il est coiffé d’une toiture en pente douce dont la dépassée, inclinée vers le ciel, couvre l’accès, protège la façade des rayons d’été tout en accueillant ceux d’hiver et dégage la vue sur les montagnes et le cœur du bourg. Le système poteau-poutre reprend le rythme des consoles de l’auberge attenante comme pour mieux dialoguer.
Construit en bois communal, le projet mobilise une ressource locale gérée vertueusement. Il est réalisé en Douglas coupé à 1,3 km du chantier. Les bois sont issus d’une coupe d’éclaircie, le débardage a été effectué à la mule pour préserver le sol forestier du tassement, et l’utilisation d’une scierie mobile a permis la découpe des bois sur place. Les grumes ont été optimisées en différentes sections que la conception a su mobiliser : poteau, poutre, bracon, liteau, bardage, lambris, etc. La structure poteau-poutre repose sur un socle béton pour la protéger. L’édifice étant contraint en hauteur (continuité du sol de l’auberge et fenêtres du bâtiment mitoyen), la réalisation de poutres lamellées collées s’est avérée nécessaire. Une partie des bois a donc été séchée par tunnel sur la commune voisine, puis transportée à 47 km du chantier pour la fabrication des poutres. Les châssis vitrés se positionnent au-devant des poteaux. Le bardage, simples lames de différentes largeurs posées à joint vif, a été brulé et brossé par les techniciens de la commune.
Sa conception bioclimatique offre un édifice baigné de lumière naturelle et confortable en toutes saisons pour des besoins énergétiques dérisoires. Le chauffage est assuré par les apports solaires et complété par la centrale de traitement d’air double flux. Les ouvrants, situés aux extrémités, permettent d’assurer un rafraichissement nocturne en période chaude. L’isolation en laine de bois et ouate de cellulose assure une performance thermique hivernale et estivale.
Une démarche de sensibilisation du public a été mise en place tout au long de l’opération notamment pour les scolaires qui ont ainsi découvert les métiers de la forêt et de la construction.
Morphologie du projet
Un long édifice de plain-pied, largement vitré et à la toiture débordante, se glisse comme une évidence entre un mur de soutènement et l’auberge du village. On y accède en franchissant le talus par un escalier prolongeant le chemin de l’école. Il est coiffé d’une toiture en pente douce dont la dépassée, inclinée vers le ciel, couvre l’accès, protège la façade des rayons d’été tout en accueillant ceux d’hiver et dégage la vue sur les montagnes et le cœur du bourg. Le système poteau poutre réalisé en bois communal reprend le rythme des consoles de l’auberge attenante comme pour mieux dialoguer.
Approche environnementale
Construit en bois communal, le projet mobilise une ressource locale gérée vertueusement. Située à 1.3 km du chantier, cette parcelle forestière, propriété de la Commune, devait faire l’objet d’une coupe d’éclaircie. L’occasion se présentait donc d’utiliser ces Pins Douglas, plantés dans les années 1960, pour constituer la ressource principale de l’édifice qui en utilise 25 m3. Un débardage mixte (mules+tracteur) a permis de limiter l’impact sur les sols. Le sciage quant à lui s’est effectué sur la place du village grâce à une scierie mobile.
Sa conception bioclimatique offre un édifice baigné de lumière naturelle et confortable en toutes saisons pour des besoins énergétiques dérisoires. En s’implantant en mitoyenneté, la mutualisation devient possible ; une connexion permet d’agrandir la salle de l’auberge les soirs et week-end. La chaudière bois de la cantine alimente également l’auberge et les logements attenants. Une sensibilisation du public a été mise en place.
Approche constructive
La structure poteau-poutre repose sur un socle béton. Elle est réalisée en Douglas. Les grumes ont été optimisées en différentes sections que la conception a su mobiliser : poteau, poutre, bracon, liteau, bardage, lambris, etc.
L’édifice étant contraint en hauteur (continuité du sol de l’auberge et fenêtres du bâtiment mitoyen), la réalisation de poutres lamellées collées s’est avérée nécessaire. Une partie des bois a donc été séchée par tunnel sur la commune voisine, puis transportée à 47 km du chantier pour la fabrication des poutres par le lamelliste Margueron.
Les châssis vitrés se positionnent au-devant des poteaux. Le bardage, simples lames de différentes largeurs posées à joint vif, a été brulé et brossé par les techniciens de la commune.
Démarche participative
Outre son aspect écologique, cette opération singulière, s’accompagne d’une démarche de sensibilisation du grand public (habitant.e.s, technicien.ne.s, élu.e.s, et bien sûr élèves de l’école de Curienne) à la filière bois et à l’architecture par la découverte des métiers (technicien.ne forestier, bucheron.ne, scieur.euse, architecte, charpentier.ère, menuisier.ère, etc.). Les enfants ont suivi les étapes jusqu’à la livraison du bâtiment.
les plans
Plan de situation
Le nouveau restaurant scolaire prend place en cœur de village en mitoyenneté du seul commerce ; l’auberge faisant également office de dépôt de pain et de petite épicerie. Sa position étonnement éloignée des écoles est justifiée par la volonté de mutualisation. En effet, la salle de restauration se positionnera en continuité de celle de l’auberge permettant d’être utilisée les soirs et week-ends lorsque les élèves ne sont pas présents. Cette mutualisation est également énergétique. En effet, la création du nouveau bâtiment a permis la mise en place d’une chaudière bois qui alimente désormais en ECS et chauffage le restaurant scolaire, l’auberge et les logements sociaux situés au premier et deuxième étage du bâtiment existant.
Plan
Le plan s’organise dans la longueur de la parcelle. Un escalier permet de franchir le talus dans la continuité du chemin qui provient des écoles. Une longue rampe abritée par le débord de toit permet de distribuer l’édifice en son centre. Elle débouche dans un hall d’entrée où se trouve les porte manteaux et l’accès aux sanitaires. La salle de restauration se positionne du côté de la route qui traverse le village privilégiant l’interaction avec l’espace public. Une connexion avec la salle de restauration de l’auberge permet d’utiliser cet espace lorsque les enfants ne sont pas présents (soirs et week-end. De l’autre côté se déploie les espaces servants ; cuisine, plonge, vestiaire et donne sur l’arrière de la parcelle où les livraisons de repas sont effectuées.
Plan de coupe
Le profil de l’édifice est contraint par la hauteur du plancher actuel de l’auberge et la position des fenêtres au premier étage. Un large débord de toiture profilé selon l’inclinaison des rayons du soleil au Sud-Est permet de réguler les apports solaires tout en protégeant des intempéries l’accès au restaurant. Les allèges sont basses, à hauteur des chaises des enfants pour leur permettre de profiter des vues sur l’environnement proche et les montagnes.












